top of page
Rechercher
  • Photo du rédacteurGRANDJANIN Annie

Talisco: "Je me sens davantage dans la peau d'un réalisateur que d'un interprète"

Dernière mise à jour : 5 oct. 2023


(c) Yann Orhan

Depuis son premier album "Run" (en mai 2014), dans lequel il plantait le décor d'une pop électro à la fois aérienne et dense, chargée d'énergie rock, Jérôme Amandi, alias Talisco a enchainé les concerts. Après "Capitol Vision", "Kings and Fools"... il revient avec "Cinematic". On se souvient que certains de ses titres ont été choisis pour illustrer des campagnes publicitaires comme "The Keys" pour l'opérateur Bouygues Télécom tandis que "Sun" est devenu le générique de la série télévisée sur France 2 "Un si grand soleil".

De soleil il est évidemment question dans ce nouvel opus, mais aussi de liberté, de lâcher-prise, de grands espaces... Enregistré avec la complicité de l'auteur Jérôme Attal et de la musicienne Charlotte Reinhardt, "Cinematic" nous embarque une fois encore dans un univers construit comme une suite de courts-métrages.

Rencontre avec l'artiste bordelais qui s'est lancé un nouveau défi en interprétant, pour la première fois, quelques titres en français.


- Lors de vos précédents albums, vous avez évoqué une construction autour du fantasme puis de la réalité. Quel a été votre moteur pour celui-ci ?

Je ne me réinvente pas ! Je suis un contemplatif. Pour cela, j'ai besoin de liberté, de ces bouffées d'air et de rêves que j'essaie d'insuffler dans mes albums.

- C'est vrai que vous ne restez jamais bloqué sur une composition ?

Je fais toujours en sorte que mes musiques soient fluides. Pour cela, je fais appel à la spontanéité. Si un morceau ne vient pas dans les minutes qui suivent, j'ai le sentiment de perdre quelque chose. L'idée est de ne pas trop me projeter car je sais que je vais aboutir à un résultat qui ne me ressemble pas.

- Vous refusez d' "intellectualiser" votre musique ?

J'ai du mal avec les artistes qui ne se soucient pas de ce que les gens comprennent. J'aime les choses simples qui parlent à tout le monde.

- Le fait que certains de vos titres aient été choisis pour des publicités ou une série télévisée très populaire relèvent de cette démarche ?

Tout-à-fait. De plus, cela me permet d'être "confortable" et de bénéficier d'une plus grande liberté pour continuer à créer. Je n'ai jamais répondu à une commande.


(c) Yann Orhan

- Dans le clip de la chanson "C'est ici", on vous voit en train de danser, habillé en cow-boy. C'est un clin d'oeil aux westerns que vous regardiez enfant avec votre père ?

Il y a un peu de ça ! J'aime bien fantasmer sur l'image du cow-boy qui incarne aussi pour moi tous les paradoxes de l'Amérique.

- Pour la première fois, vous avez fait le choix de chanter également en français ?

J'aime la pop mais je voulais me "challenger", me surprendre. Je me suis découvert aussi. J'ai collaboré avec Jérôme Attal qui écrit de la poésie car je ne me sentais pas forcément légitime. Je n'ai pas l'habitude de bosser avec d'autres. Mais c'était génial. Tout comme la rencontre avec Charlotte Reinhardt. J'avais besoin d'un piano intelligent ! C'est quelque chose que je ne sais pas faire. Son univers me touche. Je lui ai donné carte blanche car j'ai toujours détesté qu'on me dise comment faire les choses.

- La chanson "Human" a des accents lyriques, non ?

J'aime aussi les choses un peu grandiloquentes. La chanson a été conçue comme un univers intouchable à regarder d'en-bas.

- Vous avez commencé à composer très jeune mais vous avez travaillé dans la communication avant de vous lancer dans le métier. Pourquoi ?

Pour des raisons simples. Je suis d'une famille plutôt modeste et le concept de gagner sa vie en faisant de la musique n'était pas évident. Comme je suis fils unique, je ne voulais pas décevoir mes parents.

- Ils sont moins inquiets maintenant ?

Je crois qu'ils sont aussi surpris que moi par ce qui m'arrive. Les deux premières années, j'ai enchaîné entre 200 et 250 concerts. Ce n'était pas évident car au début, la scène me terrifiait. Je n'étais pas vraiment prêt pour ça.



- C'est vrai que votre première chanson vous a été inspirée par la solitude d'une mandarine dans la cuisine ?

Tout-à-fait ! Elle s'appelait "Tangerine". Je devais avoir 12/13 ans. J'avais utilisé des mots très simples en anglais. Comme la plupart des ados, j'étais hyper sensible.

- Dans "Le succès", vous chantez "j'ai longtemps crû qu'exister, c'était briller". C'est une mise en garde ou un constat ?

Quand je l'ai écrite , j'avais l'impression de faire une chanson des années 70. Je me suis imaginé dans la peau d'un mec de cette époque. Je n'ai pas le sentiment de parler de moi car le succès ne m'a jamais fait vriller. Je vois beaucoup d'artistes autour de moi qui ont vécu ça. J'estime que ce n'est pas ainsi qu'on va trouver la paix.

- Que signifie exactement le nom Talisco ?

Cela ne veut rien dire du tout ! Même si la consonance rappelle un peu mes origines espagnoles. Je n'ai jamais voulu représenter ma musique. ce serait d'une grande tristesse. Je me sens davantage dans la peau d'un réalisateur que d'un interprète. Quand je crée des morceaux, j'ai juste envie qu'on se projette. Jérôme Amandi, avec son accent du Sud, je préfère le laisser derrière le rideau...


- Album "Cinematic" (Roy Music), disponible depuis le 29 septembre 2023

En tournée: le 6 octobre 2023 à Hérouville-Saint-Clair, le 7 octobre à Saint-Nazaire, le 1er novembre à Nancy, le 2 novembre à Strasbourg, le 3 novembre à Montbéliard, le 16 novembre à Lasne (BE), le 17 novembre à Huy (BE), le 23 novembre à Saint-Jean-de-Védas, le 24 novembre à Arles, le 25 novembre à Nice, le 15 décembre à Villeurbanne...




0 commentaire

Comments


bottom of page