La poignante confession de "Nous, les grosses"
- GRANDJANIN Annie

- il y a 1 jour
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Le titre est au féminin mais le texte, d'un réalisme bouleversant, est de Guillaume Druez (également metteur en scène). On pouvait imaginer un énième spectacle teinté d'humour sur les recettes imparables pour perdre ses kilos superflus avant la saison estivale ou les inévitables comparaisons avec les mannequins s'affichant en couverture des magazines de mode. Mais "Nous les grosses" va bien au-delà des clichés.
Au début de ce seule en scène, la comédienne Stéphane Bissot, qui incarne le personnage de Blanche, confesse de manière presque "légère" les tracasseries d'un quotidien rythmé par les fluctuations des chiffres de sa balance. Elle parle de masse corporelle, de compensation après une rupture, des soi-disant bienfaits du grand verre d'eau salée, des sites de rencontres, des subterfuges pour dissimuler ses rondeurs sous le drap, lors du rapprochement avec un amoureux d'un soir...
Mais, très vite, on entre dans le vif du sujet : la boulimie qui s'accompagne de la perte de l'estime de soi, du rejet de ce corps jugé trop encombrant, des crises liées au manque et des expéditions nocturnes dans les supermarchés du coin. Sans oublier ce gâteau qu'elle compte bien dévorer en entier mais en réclamant un ruban autour de la boîte pour que la boulangère pense qu'il s'agit d'un cadeau ! Les images sont parfois violentes et crues, notamment lorsqu'elle triture son ventre et ses cuisses, comme si elle prenait les spectateurs à témoin.
Une confession poignante et une impressionnante performance d'actrice.
Annie Grandjanin
-Jusqu'au 30 mai 2026, du mercredi au samedi à 19h, à La Manufacture des Abbesses, 7, rue Véron, 75018 Paris. Réservations sur manufacturedesabbesses.com




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