"Le guide du parfait gentleman assassin": hilarant et délicieusement immoral


Après avoir triomphé à Broadway sous le titre "A Gentleman's Guide to Love & Murder", la comédie musicale récompensée par 4 Tony Awards en 2014 dont celui du Meilleur Musical a débarqué à Paris. Tiré du roman de Roy Horniman, sur un livret et des paroles de Robert L. Freedman, musique et paroles de Steven Lutvak, "Le Guide du parfait gentleman assassin" a été adapté par le talentueux Stéphane Laporte.
Nous sommes à Londres, en 1906. Monty Navarro, un jeune homme sans-le-sou, apprend fortuitement qu'il peut prétendre au titre de comte et à l'immense fortune de la famille d'Ysquith. Seul obstacle: huit héritiers le précèdent dans la succession. Il entreprend alors de les éliminer, un par un... L'intrigue est évidemment moins sophistiquée qu'un polar de Fred Vargas ou Pierre Lemaître, mais on se laisse vite prendre au jeu. D'autant plus que le casting est un sans faute !
Outre la mise en scène fluide et inventive de Virginie Lemoine, les musiciens en live, installés dans des loges, les jeux de lumières et des scènes inventives comme cette fausse balançoire ou les tableaux animés, cette satire sociale à l'humour très british bénéficie d'une troupe de onze comédiens et chanteurs qui maîtrisent parfaitement leurs partitions.

A commencer par Gaétan Borg dans le rôle du jeune homme désargenté qui s'impose de bout en bout avec un talent incontestable. Quant à Camille Nicolas, revêtue des tenues affriolantes de Sibella Hallward, elle est très convaincante dans son personnage d'amoureuse calculatrice. Et on ne peut que s'incliner devant l'impressionnante performance de Benoît Cauden incarnant à lui seul les 8 membres de la famille d'Ysquith ! Que ce soit sous la soutane du prêtre roublard, dans l'uniforme de l'insupportable aristocrate, ou lorsqu'il se métamorphose en coriace dame patronnesse...
Les tableaux s'enchaînent sans temps mort... contrairement aux hypothétiques héritiers qui tombent comme des mouches.
Au final, la morale n'est pas sauve mais cette satire sociale à l'humour très british est une réussite !
Annie Grandjanin
-Jusqu'au 3 janvier 2027, les mardis et jeudis à 20h30, le samedi à 15h30 et 21h et le dimanche à 15h, au Théâtre du Palais Royal, 38, rue de Montpensier, 75001 Paris. Tél.: 01.42.97.40.00. www.theatrepalaisroyal.com
En tournée de janvier à avril 2028.




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