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Pascal Amoyel dans "Looking For Beethoven", un conteur et un pianiste hors pair

Photo du rédacteur: GRANDJANIN Annie
GRANDJANIN Annie
il y a 3 heures
2 min de lecture

(c) Philippe Hanula
(c) Philippe Hanula

On se souvient de ses précédents hommages à György Cziffra, Liszt et Chopin. Cette fois, le pianiste Pascal Amoyel (récompensé notamment par une Victoire de la Musique) nous emmène sur les traces du compositeur le plus joué au monde avec "Looking For Beethoven".

Si le choix semble évident puisque le spectacle s'inscrit dans le cadre du 200ème anniversaire de la disparition du grand compositeur allemand, il est plus audacieux pour Amoyel. Dans la présentation, ce dernier confesse en effet que dans sa jeunesse, il n'aimait pas Beethoven ! "Pour moi, sa musique était un peu trop "sauvage", comme décousue avec des accès de fureur qui ne laissait pas assez de place pour le rêve, pour la paix"... Jusqu'à ce qu'il découvre ses 32 sonates. C'est donc autour de ces dernières qu'il a choisi d'articuler son récital, subtilement mis en scène par Christian Fromont, sous les éclairages de Philippe Séon.

Comme toujours, le musicien émaille son jeu d'anecdotes évoquant notamment la sévérité (et l'alcoolisme) du père qui reproche au jeune Ludwig de ne pas être un enfant prodige comme Mozart, la disparition de sa mère alors qu'il a tout juste 13 ans, ses amours tourmentées, le rejet des carcans de son époque, ses déambulations nocturnes qui lui vaudront d'être arrêté pour vagabondage, les premiers troubles de l'audition...

Outre son impressionnante virtuosité on ne peut s'empêcher d'être saisi lorsque le pianiste se penche au plus près de son clavier, comme pour saisir des notes qui s'échappent irrémédiablement. Et que dire de sa magistrale interprétation de l'"Opus 31, n°2, La Tempête", jouée dans le noir, comme si en se privant lui-même d'un sens, il se rapprochait un peu plus du compositeur.

À la fin, Pascal Amoyel revient pour lire ces quelques mots de Beethoven, extraits d'une lettre écrite à Heiligenstadt en 1802: "Ne m'oubliez pas tout à fait une fois mort... parce que j'ai souvent dans ma vie, pensé à vous rendre heureux...".

Un sentiment que l'on ressent, avec une rare intensité, en sortant de la salle.

Annie Grandjanin


-Jusqu'au 20 décembre 2026, chaque mardi à 21h, matinées le samedi à 16h30 et le dimanche à 11h, au Théâtre Montparnasse, 31, rue de la Gaîté, 75014 Paris.

Loc. au 01.43.22.77.74 et sur le site theatremontparnasse.com


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