"Bob et moi" ou l'énergie libératrice du reggae
- GRANDJANIN Annie

- il y a 31 minutes
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Déjà présenté avec succès au Festival d'Avignon, ce seul en scène interprété par Alexandre Virapin, co-écrit avec Jules Meary (également metteur en scène) trace un étrange parallèle entre le parcours du plus célèbre des artistes jamaïcains et celui d'un jeune garçon en quête de bonheur. "J'ai dix ans et je me pose des questions qu'un enfant ne devrait pas se poser. Pourquoi je n'arrive pas à être heureux ?" s'interroge le comédien au début du spectacle. Un soir, il envisage même de mettre un terme à cette souffrance, mais Bob Marley entre dans sa vie.
Commence alors une ode salvatrice à la gloire de la légende du reggae. Depuis la naissance de Robert Nesta Marley dans un ghetto de Nine Miles (en Jamaïque) jusqu'à sa disparition prématurée le 11 mai 1981 à Miami en Floride, en passant par Kingston où le jeune Bob a déménagé avec sa mère, la rencontre avec son fidèle ami Neville Livingston (qui deviendra Bunny Wailer), de Rita, la femme de sa vie (qui sera loin d'être la seule !), les premiers succès du groupe The Wailing Wailers, l'attentat de 1976 avant l'historique "One Love Peace Concert" à Kingston, l'exil à Londres où il enregistrera avec The Wailers le mythique "Exodus"...
Au passage, Alexandre qui connaît décidément son Marley sur le bout des doigts, décrypte les principes de la religion rastafari, les étapes musicales qui ont conduit au reggae, l'influence de l'empereur d'Éthiopie Haïlé Sélassié ... Le tout, entrecoupé d'extraits musicaux lancés par son complice Jules Meary, depuis son ordinateur.
Sur scène, l'énergie et le débit accéléré d'Alexandre Virapin donnent parfois le tournis mais on est vite gagné par ses "vibrations positives", son talent et sa passion communicative. A la fin, il n'hésite pas à interpeler les spectateurs, pour leur demander si certains ont eu la chance d'assister au fameux concert de Bob Marley, le 3 juillet 1980 au Bourget devant 50 000 personnes. Un évènement qui inspirera à Coluche une ironique remarque sur le fait que Jean-Paul II avait rassemblé moins de monde !
Nous étions évidemment un peu moins dans la salle, mais à voir l'enthousiasme du public, à la sortie, on comprend que ce message de paix, de fraternité et l'énergie libératrice du reggae font toujours recette.
Annie Grandjanin
-Jusqu'au 21 avril 2026, tous les mardis à 21h15, à La Scala (salle Piccola), 19, Boulevard de Strasbourg, 75010 Paris. Réservations au 01.40.03.44.30. www.lascala.fr




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