Didier Varrod: "J'ai besoin d'être au cœur de l'émergence et du patrimoine"


Journaliste, producteur, auteur, chroniqueur, directeur artistique et musical... Didier Varrod vient de créer la surprise en annonçant son départ des antennes de Radio France, après 35 ans de collaboration.
Mais on imagine que ce passionné est déjà prêt pour de nouvelles aventures...
À commencer par la 39ème édition des "Journées Brassens et de la Chanson Française" (les 3 et 4 octobre prochains à Paris, Parc Georges Brassens), dont il a accepté d'être, cette année, le Président d'Honneur, aux côtés du parrain Cali. Un évènement gratuit, organisé par l'Association ACE15 (Association Culturelle et Evénementielle Paris XV) et Philippe Poustis, proposant des concerts, des conférences, des remises de prix... sans oublier un tremplin découvertes.
-Président d'Honneur, c'est une première pour vous ?
Je ne sais pas si je serai à la hauteur de cette qualification car je ne suis pas le plus grand spécialiste de Brassens, mais je suis très ému. C'est aussi un hommage à mes parents, notamment à mon papa qui m'a fait fait découvrir Brassens, Louis Armstrong... Avec sa moustache, tonton Georges est entré, un peu par effraction, dans la famille. Il y a quelques années, j'ai eu la chance que France 3 me demande de travailler sur le documentaire "Brassens est en nous". Le temps passe, on prend de la maturité, on refait le chemin à l'envers et on comprend alors l'importance d'avoir une vision de la chanson qui ne se coupe pas de ses racines.
-Vous pensez toujours que dans une société fracturée, la musique tisse encore du lien ?
Absolument. Il suffit de voir ce qui se passe en ce moment autour de Céline Dion. Pour moi, Brassens a permis de comprendre à quel point la chanson peut créer un lien social et générationnel.
-Il y a quelques années, vous m'aviez confié que la chanson "Amoureuse" de Véronique Sanson avait changé votre vie. Quelle est celle de Brassens qui vous a marqué ?
Je crois que je vais répondre "Il n'y a pas d'amour heureux", même si le texte est de Louis Aragon. Cette chanson, je l'ai découverte grâce à l'interprétation de Françoise Hardy. Il y a aussi "Les copains d'abord". Je me souviens que cette chanson figurait dans une compilation de tubes de 1964, achetée par ma mère, au milieu de titres de Claude François, de Sheila, d'Adamo... C'est peut-être une des premières chansons que j'ai essayé d'apprendre par cœur quand j'avais 6/7 ans.
-Vous venez d'annoncer votre départ de Radio France. Par lassitude ?
Pas du tout ! Ni lassitude, ni fatigue. J'avais juste le sentiment que j'étais arrivé au bout de ce chemin et qu'il était temps de me remettre en question, de me "remettre une pile" comme disent les jeunes ! J'ai besoin d'être au cœur de l'émergence et du patrimoine. J'ai également envie de mettre mon expérience au profit d'une aventure plus inattendue.
-Vous avez quelques aventures en vue ?
Bien sûr. Je vais peut-être réécrire un livre mais je n'ai pas encore d'idée précise à ce sujet . J'ai aussi l'idée de monter un média à destination des jeunes artistes. Et il y aura en janvier prochain (les 22, 23 et 24), l'"Hyper Weekend Festival", mon bébé, avec une vingtaine de créations dont celle de la jeune rappeuse 2L qui revisitera Brassens avec un spectacle intitulé "Aux mauvaises réputations".
Propos recueillis par Annie Grandjanin
-Journées Brassens et de la Chanson Française, les 3 et 4 octobre 2026, de 9h30 à 19h, Parc Georges Brassens, 75015 Paris. Programme complet sur le site https://journees-brassens.fr




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