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  • Photo du rédacteurGRANDJANIN Annie

Eric Bibb: "Le blues n'est pas une musique triste"

Dernière mise à jour : 12 févr. 2023


(c) Jan Malmstrom

Né à New York il y a un peu plus de 70 ans, ce chanteur et guitariste occupe une place particulière dans le blues. Au fil d'albums tels que "Diamonds Days", "Me To You", "Global Griot" ou encore "Migration Blues", salués par les critiques, Eric Bibb a imposé sa vision contemporaine, son timbre mélodieux et un répertoire enrichi de sonorités folk, soul et gospel. A l'image de "Ridin' " un bel opus à paraître le 24 mars prochain, enregistré avec des invités de renom: Taj Mahal, Jontavious Willis, Russell Malone, Amar Sundy, Harrison Kennedy et Habib Koité. Sur des arrangements d'une élégante sobriété, son chant empreint d'accents humanistes nous interpelle sur "Free", "People You Love", "Family", "Sinner Man", "Joybells", "Blues Funky Like Dat"... Sans oublier "500 Miles", la reprise d'une chanson popularisée notamment par Joan Baez, Bob Dylan ou Peter, Paul and Mary.

Rencontre avec un artiste chaleureux et généreux avant sa tournée française et son concert à la Philharmonie de Paris, le 23 avril prochain, sur le thème "Du Mali au Mississippi" (avec Habib Koité, Mama Koné, Cédric Watson, Dirk Powell, Glen Scott...), en marge de l'exposition consacrée à Jean-Michel Basquiat.


- Dans cet album, vous retrouvez quelques compagnons de route comme Taj Mahal que vous considérez un peu comme votre mentor ?

Absolument. C'est mon chaperon, mon mentor de blues.

- Comme lui, vous avez souvent privilégié l'acoustique ?

C'est encore plus vrai dans cet album. Au coeur du projet, il y avait ma guitare, mon banjo et moi. Mon producteur et arrangeur Glenn Scott a compris que c'était dans cet esprit qu'il fallait façonner "Ridin'".

- Vous puisez également dans les sonorités folk, soul et gospel ?

Parce que ce sont des influences qui sont proches de moi. L'idée était de rendre un son juste et contemporain.

- Votre blues est plutôt porteur d'espoir ?

Parce que le blues n'est pas une musique triste ! Même s'il a un côté complainte, il comporte tous les aspects de la vie et exprime toute une palette de sentiments. Moi, j'ai fait le choix de mettre l'accent sur le côté positif des choses. Du fait que les sonorités blues sont familières a beaucoup de gens, cela me permet de m'appuyer sur ce genre musical pour véhiculer un autre message.

- Justement, vous avez toujours chanté votre foi en l'humanité. Vous n'avez pas quelques doutes, parfois ?

D'une certaine manière, je n'ai pas le choix ! Toute mon éducation tourne autour de la conviction qu'on peut s'améliorer, faire des choses bien. Aujourd'hui, des gens continuent à avoir des enfants et à travailler durement dans un système qui est souvent contre eux. C'est un vrai miracle ! La foi est au coeur de la musique afro-américaine dans ce qu'elle a de meilleur. La musique folk a aussi ce pouvoir.




- Votre père le chanteur folk Leon Bibb était un activiste qui a notamment marché aux côtés de Martin Luther King. C'est un sacré héritage, non ?

Bien sûr mais c'est loin d'être un fardeau. Je le vis comme un privilège.

- Dans une interview, vous avez confié que vous aimez moduler votre voix en fonction de l'esprit d'un titre ?

J'ai besoin de m'approprier le feeling de la chanson. Je raconte des histoires et j'essaie de donner une voix à des gens qui ne peuvent pas s'exprimer ou qui ne bénéficient pas, comme moi, d'une caisse de résonance.

- On vous surnomme parfois le troubadour du blues. Cela vous inspire quoi ?

Je suis un guitariste compositeur qui aime le blues. Je me sens plutôt comme un griot contemporain, honoré d'être un lien entre l'Amérique et l'Afrique de l'Ouest . La musique est une manière de se reconnecter.


(c) Jan Malstrom

- Vous reprenez la chanson "500 Miles". Vous saviez qu'il existe une version française enregistrée par Richard Anthony sous le titre "J'entends siffler le train" ?

Je ne connaissais pas cette version. Pour moi, c'est celle de Peter, Paul and Mary qui a permis à cette chanson d'être populaire en Europe. J'ai eu envie de la reprendre parce que mon père la chantait. Et également parce que, dans le contexte de ce nouvel album, elle est un lien entre les esclaves qui tentaient d'échapper à leur condition et celle de tous ces réfugiés qui se retrouvent loin de chez eux.

On trouve aussi des accents gospel dans certains titres ?

J'aime son côté spirituel. C'est une connexion avec quelque chose de plus grand que nous. Une chanteuse comme Mavis Staples avait cette force incroyable en elle. Dans la musique afro-américaine, il y a des artistes qui pensent que le blues appartient à une autre époque, celle des champs de coton. Il faut prendre de la distance avec ça, parce que si tu passes loin du blues, tu vas louper quelque chose...


- album "Ridin'" (Dixiefrog Records), disponible le 24 mars 2023.

- En concert à Paris, le dimanche 23 avril 2023, à 16h, à la Philharmonie de Paris, grande salle Pierre Boulez, 221, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris. Tél.: 01.44.84.44.84. Infos sur le site www.philharmoniedeparis.fr

- En tournée: le 13 avril 2023 à Marq-en-Baroeil (59), le 14 avril à Vitry Le François (51), le 15 avril à Cléon (76), le 18 avril à Bezons...

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