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Kamil Rustam: "Avec la musique, on apprend toujours !"

  • Photo du rédacteur: GRANDJANIN Annie
    GRANDJANIN Annie
  • il y a 2 heures
  • 3 min de lecture

(c) Djeneba Aduayom
(c) Djeneba Aduayom

Après avoir étudié la guitare classique au conservatoire à Paris, il a découvert sa vocation en écoutant les Rolling Stone, les Beatles, les Pink Floyd et surtout Jimi Hendrix. Quelques années plus tard, le nom de Kamil Rustam apparaît sur des albums de France Gall, Michel Jonasz, Kassav, Florent Pagny, Laurent Voulzy, Bernard Lavilliers, Michel Fugain, Eddy Mitchell, Jean-Jacques Goldman... Fort d'une solide réputation de guitariste, compositeur, arrangeur et musicien de studio (il a notamment reçu une Victoire de la Musique, en 1985, aux côtés de Manu Katché et Gabriel Yared, dans la catégorie meilleur arrangeur de l'année), il décide de s'installer à Los Angeles pour se frotter à la culture afro-américaine. Là-bas, il côtoie Stevie Wonder, John Mayer ou Anastacia, travaille sur la BO de films comme "Bone Collector", "Blood Diamond", "Under Suspicion"...

Après un premier album instrumental "Cosmopolitain", il a enregistré "Listen Up!". Un superbe opus dans la veine soul et funk des années 70/80 pour lequel il s'est entouré de chanteurs et musiciens pestigieux comme Billy Valentine, Amy Keys, Laurent Vernerey, Kudisan Kai, Arnaud Dunoyer ou Eddie Brown (clavier attitré de Stevie Wonder).

Le 10 juin dernier, accompagné de quelques complices, il a "essuyé" les plâtres de la nouvelle scène parisienne "Eleven Village" (du théâtre de l'IA) pour une électrisante release party.


-Pouvez-vous nous parler d'Eddie Brown qui vous a accompagné sur l'album et lors de votre concert à Paris ?

C'est un vieil ami. Il habite maintenant à Tokyo car il en avait marre du système américain. Je l'avais rencontré lorsque je jouais du gospel dans une église avec les musiciens de Stevie Wonder. Il joue et chante comme personne ! Je suis heureux qu'il ait accepté de venir pour fêter la sortie de l'album.

-Comment avez-vous réussi à réunir un tel casting ?

Avec les années, j'ai noué de belles amitiés. C'est drôle car il m'arrive parfois d'avoir le complexe de l'imposteur. Alors, quand des musiciens comme ceux qui m'accompagnent acceptent de jouer avec moi, ça me rassure ! Il faut rester humble car avec la musique, on apprend toujours !

-Parmi vos invités, à Paris, il y avait également l'accordéoniste Marc Berthoumieux ?

Il avait joué sur mon premier album et je tenais à l'inviter pour cette release party. C'est vraiment un virtuose. C'est drôle parce que, aux Etats-Unis, l'accordéon est presque considéré comme un instrument ethnique.

-Qu'est-ce qui vous a donné envie de tenter l'aventure américaine ?

Je ne me suis pas trop posé de questions. J'ai toujours fait les choses par passion. Quand j'ai commencé à faire de la musique, je ne savais même pas qu'on pouvait gagner de l'argent ! Lors d'un de mes derniers spectacles en France, j'étais le chef d'orchestre de France Gall qui travaillait alors avec des musiciens de Prince. À l'époque, je ne m'amusais plus beaucoup et lorsque ces derniers m'ont proposé de venir aux Etats-Unis, je n'ai pas hésité longtemps. Je m'étais donné un an et je suis resté 25 ans !



-Comment un musicien frenchy est-il accueilli aux États-Unis ?

En fait, le seul critère c'est si tu es bon ou pas ! J'ai commencé à jouer un mélange de rock et de jazz dans des clubs. Un jour, on m'a proposé de me produire à une fête de pré-mariage. Il s'agissait de celui de Barbra Streisand. Il y avait un nombre incroyable de personnalités dont Sidney Poitier. J'ai aussi croisé Laura Pausini que je ne connaissais pas. Quelques jours après, je l'ai retrouvée pour une séance avec Céline Dion. Je m'estime chanceux d'avoir rencontré les bonnes personnes au bon moment.

-"Listen Up!" est un album plutôt joyeux et dansant ?

Moi, j'aime bien les trucs qui bougent. J'ai joué beaucoup de gospels dans les églises.

-Il y a une chanson intitulée "We Were Family" que vous aviez composée avec un ami disparu ?

Oui, il s'agit de Tom Glide, un ami d'enfance. Il était musicien et c'était mon héros. Nous avions fait cette chanson ensemble mais il est décédé avant que l'album soit terminé. J'ai surtout travaillé sur la mélodie car les textes ce n'est pas trop mon fort. C'était quelqu'un qui faisait partie de ma famille. C'est étrange car la chanson parle un peu de tout ça.

-Vous êtes revenu en France par nostalgie ?

Je suis né à Amsterdam mais j'ai grandi à Paris. Durant la pandémie, je me suis senti très isolé aux Etats-Unis. J'ai réalisé qu'il était temps de rentrer pour renouer avec mes racines.

Propos recueillis par Annie Grandjanin


-album "Listen Up!" (Can U Feel It Records/Oregon Productions).


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