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  • Photo du rédacteurGRANDJANIN Annie

La nostalgie presque joyeuse de Jean Guidoni


(c) David Desreumaux

Après un magnifique concert le 25 avril dernier, au Théâtre des Bouffes du Nord, une salle où il ne s'était plus produit depuis quarante ans, Jean Guidoni, l'un des artistes les plus flamboyants de la chanson française, revient pour un soir à l'Européen. L'occasion de (re)découvrir, en live les chansons de "Avec des si". Un 16ème album studio pour lequel il a travaillé avec Arnaud Bousquet, un auteur qui a su saisir le "climat" cher à Guidoni, tout en lui proposant d'aborder d'autres thèmes. Soutenue par une formation musicale épurée (piano, violon, violoncelle et trombone), sa voix grave et prenante vient littéralement nous chercher pour nous inviter à "Revoir l'été", partir sur les traces d'"Un homme sans importance", partager un Bloody Mary au bar du sombre "Cecil Hotel" de la cité des anges, essuyer quelques "Larmes de tigre"ou parcourir les rues d'un Paris "Sans Dabadie"... Un superbe opus baigné d'une nostalgie presque joyeuse. - Après avoir signé tous les textes de votre précédent album, vous avez travaillé avec un nouvel auteur. Pourquoi ? En fait, je pensais tout arrêter après "Légendes urbaines". Lorsque j'ai croisé Arnaud Bousquet lors d'un concert à l'Européen, il m'a dit qu'il avait envie d'écrire pour moi. Je me suis dit pourquoi pas. J'avais commencé à travailler sur quatre chansons et je lui ai demandé d'essayer de les terminer. Il était "vierge" d'écriture. Outre les chansons, j'ai aimé l'être humain. Nous avons beaucoup parlé. C'est quelqu'un de sensible et bienveillant. Jusqu'ici les gens qui m'avaient été présentés me proposaient souvent du sous-Pierre Philippe (son auteur fétiche). Moi, je me sens plus interprète qu'auteur et je n'ai pas d'égo. Après "Sans Dabadie", il m'a fait écouter "Revoir l'été", une chanson inspirée de mon livre ("Quelques jours de trop"). J'ai eu l'impression qu'il était entré dans ma tête, qu'il me connaissait par coeur. Cela m'a vraiment donné envie de repartir. - Vous avez vraiment songé à tout arrêter ? Oui, sans rancoeur ni regret. C'est fatiguant la compétition, la remise en question. Je n'avais plus trop envie de rentrer là-dedans. Aujourd'hui, je n'ai plus d'angoisses.

(c) David Desreumaux

- Comment est venue l'idée de la chanson sur le "Cecil Hotel". Un lieu qui avait défrayé les chroniques criminelles avec l'affaire Elisa Lam ? C'est moi qui l'ai demandée à Arnaud. Durant le confinement, j'ai beaucoup regardé Netflix et j'ai découvert une série et un documentaire sur le sujet. On évoquait le cas de cette jeune fille qui avait quitté son Canada pour la première fois et qui avait été retrouvée noyée dans une citerne sur la terrasse de l'hôtel. On disait que le lieu avait été fréquenté par des tueurs en série. C'est un sujet qui me fascine. J'avais commencé à écrire le texte mais je suis resté bloqué.

- Vous avez choisi une formation musicale volontairement réduite ?

L'idée n'était pas d'être entouré de 25 musiciens ! Sur scène, il y a juste un piano et un violoncelle. Cela m'oblige à épurer les chansons. On écoute vraiment les mots. - Il y a comme un sentiment d'allégresse dans la dernière chanson de l'album "Paris, je suis en vie" ? Elle me résume bien. Au début, le titre me faisait peur car je trouvais qu'il faisait un peu préhistoire. - "Avec des si" aurait pu ressembler à des regrets ? Non. C'est plutôt tourné vers le futur qui reste!

- Album "Avec des si" (Tacet/L'Autre Distribution), disponible depuis le 25 mars 2022 - En concert le 23 janvier 2023, à 20h, au Théâtre de l'Européen, 5, rue Biot, 75017 Paris. Loc. points de vente habituels. www.leuropeen.paris.

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