"Modernité suisse. Lhéritage de Hodler", des trésors méconnus au Palais Lumière d'Évian
- GRANDJANIN Annie

- il y a 2 jours
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Sous le titre "Modernité suisse. L'héritage de Hodler", la nouvelle exposition du Palais Lumière propose un panorama de l'art helvétique couvrant la période 1890 à 1930. Les commissaires Pierre Alain Crettenand et Christophe Flubacher ont choisi de présenter 140 œuvres (dont une dizaine seulement de Ferdinand Hodler) réunissant 56 artistes: Stéphanie Guerzoni, Giovanni Giacometti, Ludwig Werlen, Alice Bailly, Cuno Amiet... dont certains n'ont jamais été exposés hors de la Suisse.
La visite débute sur les autoportraits de Ferdinand Hodler et Albert Schmidt, considéré comme son "fils spirituel". Le premier, maître du parallélisme, affiche un visage bienveillant, le regard ouvert, comme émerveillé par le monde, tandis que le second qui incarnera la peinture hodlérienne jusqu'à la la disparition de son mentor en 1918, paraît froid et hautain.
Au fil des dix thématiques, allant de la femme symboliste, illustrée notamment par les immenses toiles "Heures Saintes" de Hodler et "Richesse du soir" de Cuno Amiet, aux "divergents", en passant par les représentations de la maladie et de la mort, les paysages lacustres, les arbres ou les montagnes, on suit les différents courants artistiques comme le symbolisme, le divisionnisme, l'expressionnisme, le cubo-futurisme et le réalisme, qui ont traversé un pays divisé par les barrières linguistiques, culturelles et religieuses.

Outre la diversité des œuvres (peintures, dessins, gravures et un bronze) et la découverte de trésors méconnus, la particularité de cette exposition est d'accueillir également des artistes qui sont loin d'avoir revendiqué l'héritage de Hodler. Certains, comme Gustave Jeanneret, Eugène Burnand ou le groupe du Falot, adepte de la peinture française, se sont insurgés contre le statut du peintre national. "D'une manière générale, on peut même avancer qu'à cette période, les artistes ont tous gravité autour de Ferdinand Hodler, à dessein de s'identifier à lui ou de se servir de lui comme d'un repoussoir", explique le co-commissaire Alain Crettenand.
Une liberté qui s'exprime notamment dans des tableaux exposés dans la salle baptisée "Divergents", avec "La tailleuse de soupe" de François Barraud, "La robe rouge" de Jean Viollier ou l'énigmatique portrait de "Minouche Wanner", d'Albert Chavaz.
Avec "Modernité suisse. L'héritage de Hodler", l'exposition met aussi en regard filiation et émancipation.
Annie Grandjanin
-Jusqu'au 17 mai 2026, du mercredi au dimanche, de 10h à 18h, le mardi de 14h à 18h (de 10h à 18h pendant les vacances scolaires), au Palais Lumière, Quai Charles Albert Besson, 74500 Évian. Tarifs exposition: 9 Euros, 7 Euros (tarif réduit) et gratuit pour les moins de 16 ans. www.palaislumiere.fr




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