Charles Dollé " la musique me connecte avec l'enfant que j'étais"


Compositeur, chef de projet chez Tricatel, producteur pour des artistes comme James Baker, Samson, Côme Ranjard, il a également remixé Bertrand Burgalat, Chassol ou Catastrophe. Après deux EP "Imago" et "Adieu le reste", le toulousain Charles Dollé vient de sortir "Panthère à la fenêtre", un premier album, entre pop et expérimentations sonores, qui séduit dès la première écoute. Au fil de titres tels que "Faux départ", "Promesses", "Pause", "La nuit des temps" ou "Tout seul ensemble" (en duo avec Gaétan Nonchalant), ce rêveur lucide pose des question existentielles tout en affichant cette candeur que l'on attribue volontiers à l'enfance.
Rencontre dans son studio, avant son concert parisien à La Boule Noire, le 19 décembre prochain
-Vous avez un lien avec Charles Dollé, compositeur et gambiste du XVIIIe siècle, né au Royaume de France ?
À ma connaissance, aucun ! C'est d'autant plus drôle que sur certains sites, c'est ma photo qui accompagne sa biographie.
-À l'écoute de votre album, on sent une certaine dualité entre votre regard d'adulte et une candeur presque enfantine ?
C'est ce que j'essaie d'exprimer quand j'écris. L'idée est de ne pas fermer les yeux sur le monde dans lequel on vit, ce qui s'accompagne de questions forcément existentielles, mais en préservant son regard d'enfant. Quand on me demande pourquoi je fais de la musique, je réponds qu'elle me connecte avec l'enfant que j'étais.
-Il paraît que vous avez puisé l'inspiration dans la lecture du roman "Des éclairs" de Jean Echenoz ?
C'est vrai. Dans la plupart des morceaux, il y a d'ailleurs un mot de passe qui fait référence aux éclairs. Ils me fascinent depuis toujours. A l'origine, cela devait être le titre de l'album.

-Pourquoi avoir choisi "Panthère à la fenêtre" avec cette image d'un canapé qui brûle ?
Je ne me voyais pas mettre en scène une panthère ! L'idée était de représenter une sorte de menace.
-Dans le clip de la chanson "Promesses", on aperçoit votre compagne enceinte. C'est une vraie déclaration d'amour, non ?
On est dans le réel ! Mais c'est Arthur Navellou qui a signé la chanson. Moi, je suis bien trop pudique. C'était un texte difficile et il fallait bien le traiter. J'ai juste écrit les deux dernières phrases.
-C'est aussi par pudeur que vous avez longtemps hésité à chanter en français ?
Peut-être. Mais c'est aussi parce que je trouvais la langue anglaise plus musicale. J'ai mis beaucoup de temps à écrire en français. Je me plie à l'exercice quand je sens que j'ai quelque chose à dire. L'essentiel pour moi, c'est de faire de la musique. Pour moi ou pour les autres. Je crois que je suis un bon faussaire !
-C'est-à-dire ?
J'adore me mettre à la place de quelqu'un d'autre, jongler d'un style à l'autre. J'envisage d'ailleurs de composer des musiques de films.
-Vous affirmez volontiers que vous êtes un producteur qui chante ?
J'ai mis longtemps à tourner autour du pot, nourri assez de frustrations, avant de me lancer. Le déclic est venu à l'approche de la trentaine. Je suis beaucoup dans l'imaginaire et je ne recherche pas la lumière à tout prix. Le volcan, il est là, dans mon studio !
Propos recueillis par Annie Grandjanin
-Album "Panthère à la fenêtre" (Label Tricatel)
-En concert le 19 décembre 2026, à 19h30, à La Boule Noire, 120 Bd Marguerite de Rochechouart, 75018 Paris. Tél.: 01.49.25.81.75. https://laboule-noire.fr




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